Durant les guerres de religions il y eut plusieurs tentatives pour calmer les hostilités entre catholiques et protestants. Une proposition de paix passée entre le duc de Rohan et le maréchal De Lesdiguières fut
enregistrée à Laval-Saint-Roman dans la maison de Graffand. Cet acte est un des plus hauts faits historiques qui se soient passés à Laval, il convenait d’en donner ici une transcription.
“Proposition et expédiens arretés entre messieurs les ducs de Lesdigières et de Rohan sur lesquels le roy sera très humblement supplié de donner la paix générale a ses sujets de la religion. Que M. le duc de Rohan
en vertu du pouvoir a luy donné par ceux de ladite religion faira partir presentement des députés pour se rendre aux lieux où sera sa majesté, lesquels au nom des églises de france, avec tous les devoirs et soubmissions nécessaires demanderont
pardon à sa majesté des fautes passées et supplieront très humblement sa majesté de donner paix à ses sujets de la religion. Que pour cet effet mondit sieur de Lesdiguières leur donnera passeports pour allé séjourner et retourner en tous les lieux
de ce royaume et les faire lui-même conduire et reconduire avec toute sureté et obtiendra de sa majesté pour leur séjour et retour tous passeports nécessaires. Supplieront lesdits députés sa majesté de rétablir l’édit de Nantes en toutes ses parties
et confirmer toutes autres déclarations, brevets, réponses et concessions, sur l’exécution et interprétation d’icelui et principalement pour ce qui concerne l’exercice de la religion et de la justice conformément à la déclaration du ... enregistrée
ez cours souveraines de ce royaume. Sera aussi l’exercice de ladite religion rétabli en tous les lieux où il était auparavant ces derniers mouvements et par exprès le bareau des trésoriers de france à Montpellier, la chambre de l’édit à Castres et
celle de Guienne à Nérac. Que toutes nouvelles fortifications faites depuis ces mouvements sans la permission de sa majesté jusqu’au jour de la publicatin de la déclaration, que de sadite majesté est très humblement supplié accorder maintenant,
seront rasées et démolies par les habitants des villes et lieux où elles auront été faites suivant les instructions qui seront données aux commissaires qui seront à cet effet députés par sa majesté, et seront faites très expresses défenses de fortifier à l’avenir.
Que sur ce que dessus sa majesté commandera s’il luy plait une déclaration en bonne forme portant oubli et abolition des choses passées avec toutes clauses accoutumées et nécessaires, et comme il est porté par les articles de l’édit de Nantes, qui donnent
abolition en tel cas, en ce non compris les cas exécrables et commis hors les termes d’hostilité. Que l’exercice de la religion catholique sera rétabli par tout et incontinent après la publication de ladite déclaration, ceux de ladite religion seront
tenus faire vider les gens de guerre et garnisons, autres que celles comprises dans l’édit du roy qui leur sera accordé, des villes, places et chateaux forts et forteresses et maisons appartenant tant au roy qu’aux particuliers, nommement aux écclésiastiques
qui ont été prises pendant ces derniers mouvements, et les remettre entre leurs mains au même état qu’elles sont à présent. Que défenses très expresses seront faites sur les peines portées par l’édit de Nantes de tenir aucunes sortes d’assemblées ou cercles
sans l’expresse permission du roy, et que sur les mêmes peines ne sera traitées dans les assemblées écclésiastiques d’aucunes affaires que pure écclésiastique. Que la susdite déclaration sera commandée s’il plait à sa majesté la plus expresse qu’il se pourra, pour réconcilier
les sujets les uns avec les autres, sous l’obéissance de sa majesté, avec défenses très expresses de s’outrager de fait et de parole, ni user de propos qui penvent émouvoir sédition. Défenses aussi seront faites à tous les prédicateurs d’exciter le peuple aux armes
ni à chose qui contrevienne aux édits. Que tous prisonniers de part et d’autre qui n’ont payé leur rançon seront mis en liberté sans en payer aucune. Que les députés de toutes les assemblées générales et particulières, cercles, abrégé de synodes demeureront déchargé
des peines portées par l’édit de Nantes, et les jugements tant contre eux que autres, cassés et déclarés de nul effet et seront toutes personnes rétablies en leurs biens, honneurs et dignités, sans en ce comprendre ceux qui en auront traité de gré à gré ou auxquels sa majesté
voudra donner récompense, des places et charges dont ils ont été dépossédés. Que l’observation de cette déclaration sera jurée par les gouverneurs des provinces, baillifs, sénéchaux et autres officiers royaux, maires, échevins, consuls et habitants des villes
tant catholique que de la religion. Que commissaire de l’une et de l’autre religion seront prmptement envoyés dans les provinces pour l’exécution de ladite déclaration auxquels sera ordonné faire justice suivant l’édit de Nantes et autres déclarations aux villes dont les intérêts
particuliers ne seront pas spécifiés. Fait à Laval en Languedoc le troisième jour d’avril MDCXXII. Signé D’Esdiguières et Henry de Rohan.”