Le patrimoine aiguezois



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La Maladrerie des templiers

ATTENTION FOUILLES STRICTEMENT INTERDITES!!!

vue générale de la madeleine Situé au cœur des gorges de l’Ardèche ce site moyenâgeux a depuis longtemps attiré la curiosité de l’historien. Malheureusement le manque d’archives laisse planer une question essentielle: Est-ce bien là l’œuvre des templiers? Une chose est certaine, après la dissolution du Temple en 1312, tous leurs biens furent confisqués en faveur des Hospitaliers. L’ordre des hospitaliers fut donc propriétaire des lieux après cet événement. Malgré cela les archives de la commanderie de St Jean de Trignan, pourtant bien fournies et dont on peut en consulter l’inventaire à Privas, restent désespérément muettes sur le sujet. Toutefois, une fois de plus, les archives communales d’Aiguèze (dont aucun chercheur n’a pensé consulter!) peuvent nous apporter des éléments de réponse. Puisqu’il est impossible de trouver des documents d’époque pouvant confirmer la thèse des templiers, nous allons donc établir l’historique du site en utilisant les archives, certes plus récentes, d’ancien régime.

la madeleine Chacun sait que le site de la Madeleine est situé sur la commune d’Aiguèze mais qu’il est la propriété de celle du Garn. Nous verrons de quelle manière cette commune a pu acquérir cette enclave. Quant à la toponymie il est à signaler que l’appellation “Maladrerie des templiers” est très récente et ne figure sur aucun document d’archive. Le cadastre de 1830 nomme ce site “Couvent des templiers”. Quant à l’appellation “La Madeleine” on la rencontre que très rarement, notamment en 1656 lors de l’affermage de l’herbage du dit lieu par les consuls d’Aiguèze aux consuls de St Remèze. Ce bail permettait à ceux de St Remèze d’y faire paître dix bœufs aratoires. Le toponyme rencontré le plus fréquemment est "Devois du Chambon". C’est sous cette appellation qu’il faut orienter les recherches. Le rapprochement du site à l’ordre des templiers, si l’on se fie aux documents, remonterait donc à 1830. Il n’est jamais fait allusion à cet ordre de moines guerriers avant cette époque. Mais alors sur la foi de quoi les géomètres de l’époque se sont-ils basé pour affirmer que ce site était l’œuvre des templiers? Il aurait été beaucoup plus logique pour eux de l’attribuer aux Hospitaliers. Cet ordre, en effet, ayant était dissolu depuis seulement quelques années, alors que la suppression du temple remontait à cinq siècles! Seule la tradition orale a pu les conduire à nommer ce lieu “Couvent des templiers”.

la madeleine Les Hospitaliers de St Jean de Trignan, quant à eux, étaient propriétaires d’un vaste domaine sur la rive gauche de la basse vallée de l’Ardèche. Cet ordre avait pour habitude de délimiter leurs domaines au moyen de croix gravées à même la roche. Grâce à ce bornage insolite on peut partiellement reconstituer les limites de leur territoire. Sur la commune de Bidon on trouve de telles croix sur le menhir du Colombier ainsi que sur la table du dolmen de Champvermeil. Ces croix sont toujours accompagnées d’un chiffre indiquant la position du bornage. Sur la commune d’Aiguèze le bornage des biens appartenant aux hospitaliers était effectué de la même manière. On trouve au moins trois marques de ce type dans les bois d’Aiguèze: La première à Castelviel, la seconde à la Grange de Meisselle et la troisième à la combe du Tour. A noter que la seconde fut détruite lors du concassage du coupe-feu en octobre 1999 (Sans commentaire!). La croix de Castelviel est accompagnée du chiffre six, celle de la Grange de Meisselle du chiffre huit et celle du Tour du chiffre quatre. Les croix manquantes restent à découvrir. Malgré cela on peut néanmoins partiellement reconstituer les limites de leur bois sur la rive droite de l’Ardèche. Cette propriété, que l’on va nommer par commodité “Devois de l’Agantière” (lieu-dit situé au-dessus de la Cadière), était donc limitée à l’est par Castelviel, à l’ouest par la combe du Tour et au sud par le chemin de Labastide de Virac. Quand on compare les marquages sur les deux rives un détail saute immédiatement aux yeux, s’il s’agit bien de la même croix des hospitaliers, ces gravures n’ont pas été effectuées à la même époque. En effet les croix de la rive gauche sont beaucoup plus érodées que celles de la rive droite. On peut logiquement en déduire que le devois de l’Agantière, situé sur la commune d’Aiguèze, a été possédé postérieurement au territoire se trouvant sur la rive gauche. Une question vient également à l’esprit, pourquoi les hospitaliers auraient-ils pris la peine de borner le devois de l’Agantière alors qu’ils ne l’auraient pas fait au devois du Chambon. Rappelons que la combe du Tour n’est située qu’à quelques centaines de mètres de celle de Filion, cette dernière marquant la limite méridionale du domaine du Chambon. La réponse la plus crédible est que les hospitaliers se sont très vite débarrassés du Chambon, hypothèse confirmée par les documents d’ancien régime. Voici donc un élément troublant qui confirmerait la piste des templiers. En effet comment concevoir que les hospitaliers aient pu se séparer d’un tel site, quelques décennies seulement après l’avoir construit, autrement que par cette solution?

Une croix de la rive gauche, celle de Champvermeil »»

La croix n°3 d'Aiguèze »»

Mais arrêtons là les hypothèses pour nous pencher sur les archives d’Aiguèze. On y apprend par un document d’imposition de 1550 que le devois du Chambon appartenait déjà à cette époque au chapitre de l’église cathédrale d’Uzès. Le 14 février 1615, Jean Berard, prieur de Notre Dame du Garn, chanoine de la dite cathédrale, inféode le Chambon aux consuls d’Aiguèze. Il en coûtera aux consuls la somme de vingt cinq écus plus une censive annuelle d’un pot d’huile d’olive. On constate dans ces documents que le Chambon était situé sur le terroir et mandement d’Aiguèze. Vers 1630, Louis Denade, nouveau prieur du Garn, désire récupérer le Chambon. Il lui faudra intenter un procès devant la cour du parlement de Toulouse pour espérer arriver à ses fins. Le 24 juillet 1634 les consuls d’Aiguèze sont condamnés à restituer le Chambon. Il y eut un second arrêt le 8 mars 1658 pour essayer de faire exécuter, sans plus de succès, cette condamnation qui n’a pas été suivit d’effet. Il fallut attendre l’ordonnance du 26 mai 1663 pour que la cour confirme l’exécution de la condamnation de 1634. Malgré cela, Guillaume Blayac, nouveau prieur du Garn, dû encore patienter jusqu’en 1673, et au terme de longues transactions, pour pouvoir enfin récupérer le devois du Chambon.

L'inféodation du deves du Chambon en 1615 »
La délibération du conseil du 1er mai 1673 »
La délibération du conseil du 22 mai 1673 »
La transaction du 30 mai 1673 »
La délibération du conseil du 16 août 1673 »

le site de la madeleine En décembre 1672 les consuls d’Aiguèze députent une première fois Antoine Tourre à Uzès. Celui-ci a pour mission de retirer tous les documents nécessaires au procès. En 1673, Etienne Cade, prieur d’Aiguèze, se rendra trois fois de suite à Uzès pour parlementer avec le chapitre.
Enfin le 30 mai 1673 est conclu un accord final par-devant Me Chambon, notaire d’Uzès, entre Guillaume Blayac, chanoine en l’église cathédrale d’Uzès, prieur du Garn, et Etienne Cade, prieur d’Aiguèze et procureur de la communauté du dit lieu. Le prieur du Garn désire également vérifier si le devois du Chambon contient bien quatre vingt salmées et en faire notifier l’arpentage dans cet accord. On fit donc venir Jean Rabany et Claude Moynier, arpenteurs de Laudun, pour en vérifier les limites et en calculer la contenance. Ils furent accompagnés de Jean-Louis Charmasson et Simon Durand du Garn, Simon Allauzen, consul d’Aiguèze, Jean Romanet, viguier, Jean-Baptiste Granier, procureur, et Pierre Redon, ces derniers d’Aiguèze. Voici un extrait de cet arpentage: “Premièrement avons commencé au Tribe du Chambon, ou Femme morte, ou avons trouvé deux termes distants de dix pans de l’un à l’autre, l’un visant contre la bise et l’autre le long de la combe du Filion, et d’iceluy avons passé au terme appelé La Bartre et de là avons poursuivi jusqu’au terme qui est dans la combe de Vallourie visant le long de ladite combe contre la bise. Avons encore trouvé autre terme sur le costé de ladite combe au dessus des escaliers à côté de la draye qui vise en ligne droite contre la rivière d’Ardèche, et de là avons poussé notre ligne contre l’église de la Magdeleine qui est le long de la rivière, et ensuite avons continué notre ligne jusqu’à un terme qu’avons trouvé proche la tour du Chambon appelé la Fave, et de là sommes venu audit terme appelé le Tribe de Chambon dit Femme morte qui vise le long de la combe du Fillion et trouvé autre terme qui vise le long d’icelle. Et de tout le dessus avons construit la figure de ladite forest et debvois dudit Chambon et en icelle procédé le plus exactement qui nous a esté possible selon dire de nos conscience et trouvé contenir cent cinquante deux salmées quatre eyminés, en foy de ce avons dressé le présent rapport. Fait au Gard ce 28ème mars 1673”
A la vue de ce rapport Etienne Cade protesta. En effet des quatre vingt salmées initiales on passait soudainement au double de cette contenance! Nouvel accord: “En premier lieu renonçons au procès et différent à tel effet qu’il ne sera jamais fait poursuite de part ny d’autre et chacun supportera ses frais et despends, que les consuls délaisseront comme par cet acte ils délaissent purement et à perpétuité audit Sieur prieur du Gard et ses successeurs le susdit devois du Chambon pour en jouir et disposer comme bon leur semblera. Item a été convenu que pour toutes les prétentions que les consuls d’Aiguèzes pourraient avoir à prétende contre ledit Sieur prieur du Gard à raison des sommes par eux baillées, il leur sera payé la somme de vingt cinq escus, sur laquelle il faut rabattre vingt cinq livres à quoy ont été liquidés les arrérages de la censive d’un pot d’huile annuellement que les consuls devaient payer pour ledit debvois. Laquelle somme a été réellement payée par le père Blayac audit Sieur prieur d’Aiguèzes en Louis d’argent et bonne monnoye. Item a été convenu qu’il sera permis auxdits consuls et communauté d’Aiguèzes de prendre et percevoir les récoltes quy sont pandants aux terres dudit debvois ou à leurs fermiers et pour cet effet passe et repasse avec leurs bestiaux dans ledit debvois jusqu’à la fin des dites récoltes et jouir de la faculté de dépaitre les bestiaux gros et menus jusqu’au jour et feste de St Michel prochain venant…”

On remarquera que dans cet arpentage les ruines de la Magdeleine ne sont pas comprises. Il semble que les arpenteurs n’ont pas spécifié les limites plus au nord en considérant qu’elles étaient infalsifiables car naturellement constituées par le lit de la rivière. Cela est confirmé par un autre arpentage qui eu lieu à la même époque dans le procès entre Aiguèze et Laval St Roman. Dans cette seconde délimitation des bois d’Aiguèze, le devois du Chambon débute à la Tour du Chambon (On appelle aujourd’hui ce lieu Le Tambour) et finit à la Font de l’Olagnier.
Tous ces documents confirment que les Hospitaliers se sont séparé du devois du Chambon avant le seizième siècle. Le prieuré du Garn en restera propriétaire jusqu’à la révolution. A cette époque, après la confiscation des biens ecclésiastiques, le Chambon fut racheté par Jean Bonhomme du Garn. Le 13 pluviose an 10, Jean Bonhomme nomme Philippe Ramière garde-champêtre du Chambon. Celui-ci sera révoqué en 1807 et remplacé par Pierre Revire du Garn. Par délibération du 14 février 1802, le maire d’Aiguèze expose qu’il s’élève des contestations sur les limites du Chambon et qu’il serait nécessaire d’en refaire le bornage. Deux années plus tard le préfet n’avait toujours pas daigné répondre à cette demande. Le conseil municipal renouvela donc sa demande car: “Les propriétaires des dits devois ne cessent journellement d’agrandir leurs devois dans les bois communaux au préjudice des habitants d’Aiguèze” (Les propriétaires de la Flassade et de Ranquerel étaient également concernés). Il fut convenu avec Jean Bonhomme de nommer deux experts pour fixer les limites du Chambon. Ceux d’Aiguèze prirent M. Gabet de Pont St Esprit. Celui-ci se rendit au Chambon le jour et l’heure indiqués pour procéder à l’arpentage mais ne trouva personne! Le conseil municipal demanda l’autorisation au préfet de poursuivre Jean Bonhomme devant les tribunaux.
Le chambon passa ensuite à Lafaïsse-Monteil, qui était semble-t-il le beau-fils de Jean Bonhomme. En 1883 les héritiers de Lafaïsse-Monteil vendent le domaine à Urbain Frichet de St Julien de Peyrolas. Ce dernier le revendra cinq années plus tard à la commune du Garn qui en est toujours propriétaire. Comme on le verra dans un très long procès qu’il y eut entre Aiguèze et Le Garn, il était dans l’intérêt de cette commune d’acquérir ce domaine. En effet le droit de dépaisance dans les bois d’Aiguèze était calculé au prorata des biens possédés.

le site de la madeleine

Aperçu sur les ruines de la Magdeleine

Etat des lieux dressé en 1993

La chapelle

la chapelle La chapelle était composée d’une nef à trois travées, d’une longueur totale de 11,50m, séparées par quatre pilastres. Ces pilastres supportaient deux arcs doubleaux, renforçant ainsi la voûte en berceau. En départ de voûte courait une corniche qui servait d’appui au coffrage, puis était laissée dans un but décoratif. L’abside était voûtée en cul de four percé de trois ouvertures à double ébrasement, dont une axiale. L’entrée de la chapelle se trouvait dans la première travée au sud-ouest. Se trouvait également dans cette travée une grande baie surélevée avec un ébrasement plus important à l’intérieur. A l’extérieur on remarque l’absence de contrefort. On ne trouve également aucune marque de tâcheron. Aujourd’hui il ne demeure plus que le mur au sud avec sa baie, son départ de voûte, ses modillons extérieur fortement érodés qui devaient soutenir une corniche. Demeure également le mur de l’abside, le tout bâti en moyen appareil. Tout le reste est en ruine, aidé en cela par le vol de toutes les pierres d’angles de la bâtisse à une époque indéterminée.

Plan de la chapelle »
Système de fermeture de la chapelle »
La baie à double ébrasement »
La baie axiale »
Le châpiteau »

le site de la madeleine
La chapelle vue du choeur telle qu'elle devait être au 13ème siècle.
(dessin du Récataïre).

La citerne

Elle est située au centre des bâtiments. Cette position étant la meilleure pour récolter les eaux de pluie écoulées des toitures et emmenées à la citerne au moyen de rigoles.. Cette citerne est entièrement souterraine, ce qui a nécessité un énorme travail pour creuser la roche. Aujourd’hui seule la moitié de la voûte demeure, à l’origine elle recouvrait entièrement la citerne. Les quatre faces intérieures étaient crépies pour assurer une bonne étanchéité. Il semblerait qu’un escalier se trouvait dans l’angle sud-est. La citerne remplie jusqu’au départ de la voûte contenait environ soixante mètres cubes d’eau. Contenance qui devait permettre de passer l’été sans s’approvisionner à l’Ardèche.

Plan de la citerne »

Le réfectoire

Le réfectoire

C’est le bâtiment le plus au nord, c’est aussi le mieux conservé. Les quatre murs subsistent à peu près jusqu’au faîte. La toiture était à deux pentes. Ce bâtiment a subit une surélévation d’environ un mètre cinquante. On distingue parfaitement l’emplacement de l’ancienne toiture. Au départ ce bâtiment ne possédait donc pas d’étage et n’était composé que d’une seule grande pièce. L’entrée est au sud, les pierres d’encadrement de cet accès ont été retirées. Il y a une "meurtrière" à l’ouest avec vue sur l’Ardèche et une autre au sud. Ces ouvertures n’avaient pas de but défensif, elles offraient seulement l’avantage d’éclairer la pièce en ayant un minimum de perte de chaleur. On trouve encore l’emplacement de plusieurs niches. L’extension de ce bâtiment nous montre l’importance qu’a pris ce site au fil des ans. Extension et remaniement que l’on retrouve sur d’autres bâtiments.

Le dortoir

Le dortoir

Bâtiment se trouvant dans l’angle nord-est du “couvent”. Il ne subsiste plus qu’un seul pan de mur, le reste a été complètement détruit. Il s’appuyait au sud contre un autre édifice aujourd’hui disparu. Ce bâtiment était composé d’un sous-sol possédant trois grandes ouvertures en arcs. Ces ouvertures furent fermées par la suite au moyen de murets. L’intérieur du sous-sol est aujourd’hui encombré de ruines. Au rez-de-chaussée subsistent encore quatre ouvertures, dont deux grandes fenêtres.

Plan du dortoir »
Système de fermeture du sous-sol»
Cliché du système »
Les ouvertures du premier étage »
La baie du premier »

La grotte de la Madeleine

grotte de la madeleine Une grotte fut aménagée à une centaine de mètres au nord-ouest du site. L’entrée de cette grotte était fermée au moyen d’un mur aujourd’hui disparu mais dont il reste quelques traces de mortier sur le rocher. Cette cavité possédait donc une porte, diminuant ainsi les écarts de température et protégeant le contenu d’intrusions diverses. L’intérieur a subit des aménagements au moyen de marteaux et burins, notamment entre les deux boyaux superposés qui forment la galerie. Les aménagements que l'on peut apercevoir sur le cliché sont récents.

Les cultures

muraille du Chambon Dans le bail de la “Magdeleine” aux consuls de St Remèze en 1656, on peut y constater que le Chambon était également donné en fermage à divers fermiers. Ces fermiers y cultivaient le blé. Mais il est absolument impossible de connaître les surfaces dévolues aux cultures. Il faut attendre les documents de 1830 pour enfin connaître avec précision quelles parties du Chambon étaient utilisées et quelles cultures y étaient pratiquées. Tout d’abord grâce au plan cadastral on peut constater que l’accès à la Madeleine ne se faisait pas, comme aujourd’hui, par la Terrasse. Le chemin qui relit actuellement les pins aux Escaliers n’est pas mentionné. L’accès se faisait par la combe de Valaurie. Ce qui est logique puisque ce n’est qu’essentiellement les gens du Garn qui s’y rendaient et que le dénivelé y est mieux réparti. En 1830 cette propriété est divisée en quatre catégories: Les bois, les terres, les pâtures, et les terres mûriers. On trouve quatre parcelles sur le plateau, de A.71 à A.74, et cinq parcelles en bas à la Madeleine, de A.75 à A.79. Les bois, avec 135 hectares 45 ares et 40 centiares, recouvre la majeure partie du domaine. Les pâtures occupent la plage nord du méandre que forme la rivière sur 3 hectares 27 ares. Cette plate-forme qui surplombe l’Ardèche est constituée de galets de l’ancien lit de la rivière et devait constituer un pâturage bien médiocre. Les ruines de la Madeleine sont également classées en pâtures pour 21 ares et 40 centiares. Les mûriers sont complantés au-dessus de la plage nord, sur une petite parcelle de 10 ares et 80 centiares. On trouve également cet arbre à l’est des ruines de la Madeleine pour 1 hectare 7 ares 60 centiares. Sur la Terrasse deux parcelles sont réservées aux semences sur une superficie de 1 hectare 12 ares 70 centiares. Ce sont les coupes de bois qui rapporte le plus au propriétaire du Chambon qui les vend régulièrement au plus offrant. Voilà à peu près tout ce que l’on peut tirer des archives communales d’Aiguèze. Il serait intéressant de faire des recherches dans les archives ecclésiastiques d’Uzès afin de tenter de retrouver l’acte de vente du Chambon. Il est également très probable que se soit un notaire de cette ville qui ait enregistré l’acte.

(Le cliché montre les derniers vestiges de la muraille du Chambon, cette muraille servait de limite du devois.)

Protection

Un vestige dont-on se passerait volontier! Il y a quelques années la réserve naturelle des gorges de l'Ardèche a procédé à une opération de sauvetage. Les murailles du site furent consolidées afin de retarder la lente agonie du site. Les nombreux chênes verts qui peuplaient les ruines furent supprimés pour garantir les fondations. Malheureusement on déplore la présence d'une baraque à chantier toujours pas évacuée et qui dénature le site ainsi que des pierres de tailles portées ici pour l'occasion et qui plus tard pourront prêter à confusion. On espère donc que ces vestiges disparaîtront rapidement...

Lou Récataïre

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