Le moulin de la Roquette



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Moudre le blé est un impératif qui s'est fait ressentir dès le début de l'agriculture, il y a environ 6000 ans dans notre région. On trouve sur le territoire d'Aiguèze de nombreux fragments de meules dormantes. Ces meules sont le témoignage du plus ancien système de mouture utilisé par l'homme du Néolithique. Puis devant l'accroissement de la population et face à des récoltes de plus en plus importantes il a fallut mettre au point des techniques plus performantes.

Au moyen âge on trouve trois principaux types de moulins: Les moulins à vent, à eau et ceux utilisant la force animale.

Au XVII et XVIIIème siècle il y avait sur Aiguèze, Laval et St Martin huit moulins. A savoir:
Deux à St Martin: celui du seigneur, construit à la fin du 17ème siècle, et celui de la communauté situé dans le village.
Quatre à Aiguèze: le moulin du Port, le moulin de Piolenc, le moulin de la Roquette et un moulin appartenant à un particulier situé dans l'enceinte du village.
Deux à Laval: Un moulin se trouvant au village et un autre à Trescouvieux.
Ces moulins servaient à moudre les grains ou bien à l'industrie de l'huile d'olive.
Sous l'ancien régime il semblerait que la communauté avait réussi à se débarrasser de la banalité. Ce droit appartenant au seigneur lui permettait d'obliger tous les tenanciers de sa seigneurie à venir faire moudre le blé à son moulin. En contrepartie cela obligeait le seigneur à de nombreuses et dispendieuses réparations pour maintenir le moulin en état de fonctionner.

Le moulin de la Roquette est le plus ancien moulin d'Aiguèze, c'est celui qui est resté le plus longtemps en service. Ce moulin, qui utilisait la force motrice du ruisseau d'Aiguèze et qui servait uniquement à moudre le blé, était déjà en service au 14ème siècle.
Il était la propriété de la puissante famille De Sabran. Nous allons essayer de retracer l'histoire de ce moulin depuis cette époque.

Le plus ancien document mentionnant le moulin de la Roquette est une copie d'un acte de 1432. Il s'agit de l'acte d'aliénation du moulin par Antoine De Sabran, co-seigneur d'Aiguèze, à Pierre De Gérus, prêtre de St André de Roquepertuis.
A cette époque le moulin de la Roquette est en ruine depuis environ soixante années. On peut donc en déduire que ce moulin fonctionnait déjà au début du 14ème siècle et qu'il ne fut plus en service après 1360. Cet acte d'aliénation fut passé par-devant Guillaume Declap, notaire de St Marcel, et dans la maison de la filleule de sa mère à Aiguèze. Trois habitants d'Aiguèze y sont cités: Thomas Jullien, Antoine Vital et Jean Vital.
Cet acte fut copié une première fois en 1489 par Jean Defont, aussi notaire à St Marcel, puis au 18ème comme pièce d'un procès. Antoine De Sabran désirant rendre le moulin “utile au public” le cède à Pierre De Gérus sous une censive annuelle de 6 sols et 3 deniers portable à Aiguèze à chaque fête de Noël. Antoine De Sabran se réserve le droit de venir toutes les années y faire moudre dix salmées de blé gratuitement. Pierre De Gérus se trouve également dans l'obligation de remettre le moulin en état de fonctionner moins de trois années après le passage de l'acte. Antoine De Sabran cède également à loyer perpétuel à Pierre De Gérus "Un certain devois appelé vulgairement Las Terrisse". Il s'agit du bois situé entre la Roquette et Trescouvieux.

C'est très probablement durant la seconde moitié du 15ème siècle que le moulin est acquis par la famille De La Roque. Le premier du nom à être cité est Jean De La Roque, seigneur de la Roquette et co-seigneur de St Marcel. Durant trois siècles le moulin et sa juridiction allaient ainsi appartenir aux co-seigneurs de St Marcel.
Jean allait se marier deux fois, donnant ainsi naissance à deux demi-frères: Guinet, qui était semble-t-il le fils aîné, fils d'Isabeau De Lussan, et Claude qui était le fils d'Anne De Nicolas. A noter que la famille De Lussan possédait une partie de la seigneurie d'Aiguèze. Il est donc possible que la juridiction de la Roquette soit échue à la famille De La Roque au moyen de cette alliance.

Un accord fut passé en 1534 entre les habitants de Trescouvieux et Guinet De La Roque. Jean Cabassut, de Trescouvieux, fut nommé syndic pour transiger avec le seigneur de la Roquette afin de redéfinir certaines règles au sujet du droit de dépaissance aux Terrisses et du droit de mouture du seigneur. Guinet De La Roque pris Georges Jean, docteur en droit de Pont St Esprit, pour son procureur afin de conclure avec la partie adverse. A noter que ce dernier était également co-seigneur de St Marcel!
Le 9 mai 1534 les parties se réunissent à l'hôpital d'Aiguèze afin d'enregistrer la transaction par-devant Bernard Delorme, notaire de Pont St Esprit. Il fut conclu ce que s'ensuit: "Premièrement avons ordonné et ordonnons que les dits Cabassut, ses pariés et particuliers, jouiront dor en avant perpétuellement des pasturages du susdit terroir des Terrisses par la forme et manière qu'ils et leurs prédécesseurs en ont joui et usé le temps passé et jusque à présent. Disons aussi et ordonnons que lesdits Cabassut, ses pariés et particuliers, eux et leurs successeurs pour l'avenir seront tenu moudre tous et chacun leurs blés et grains au moulin dudit seigneur de la Roquette, sans qu'il soit loisible ni permis aller moudre ailleurs." En contrepartie le seigneur était tenu de mettre "Un meunier suffisant" pour tenir son moulin, c'est-à-dire quelqu'un de compétant. Il était interdit au meunier de faire paître son bétail aux Terrisses. Seul le seigneur avait droit d'y prélever quelques pièces de bois pour réparer le moulin.
Le 22 avril 1565 Anne De Nicolas, veuve de Jean De La Roque, teste par-devant Pierre Du Deves, notaire de St Marcel. Cet acte nous apprend que Guinet, son beau-fils, fut déclaré héritier universel et que Claude, fils de la dite Anne et demi-frère de Guinet, hérita des droits seigneuriaux au mandement de Laurac. Toutefois Claude De La Roque est qualifié en 1565 de seigneur de la Roquette. Il semblerait s'agir ici d'une jouissance usufruitière. En effet le moulin de la Roquette et sa juridiction échois ensuite à Jeanne De La Roque, fille de Guinet.
C'est par le mariage de Jeanne que la Roquette passa ensuite dans la famille De Gilles.

Faisons ici un petit intermède pour signaler que le plus ancien meunier du moulin de la Roquette connu est Pierre Truchet. Celui-ci, originaire de Pont St Esprit, est déclaré tenancier du moulin en 1491. Il fut condamné, par arrêt rendu à Toulouse le 17 avril 1491, à payer la taille à la communauté d'Aiguèze.
Puis c'est Simon Gras qui est chargé dans le compoix de 1545 du moulin pour trois livres douze sols en présage: "Item ung molin et terre et jardin et grange à la Roquette, confronte du levant au Rieu, du couchant à la terre de Rostang Chabassud et Sauvet Ducros, de l'auré à la terre dudit Sauvet et Berthomyeu et Jehan Chabassud, du marin à la bruguière et au Rieu, contenant de terre sept saumades deux eyades, et de grange couverte dix cannes et dessous quarante cannes, de jardin quatre-vingt six cannes et la maison du molin seize cannes". Puis vers 1560 c'est Louis Heraud qui lui succède. Celui-ci étant très certainement originaire du Garn. Louis Heraud, puis ensuite ses héritiers, seront rentiers du moulin jusqu'au début du 17ème.

Vers 1580, Pierre De Gilles, fils de Jeanne De La Roque, est déclaré seigneur de la Roquette. Il semble mourir prématurément puisqu'en 1587 c'est Anne, sa sœur, qui lui succède en tous ses biens. Il y eut un procès entre Pierre De Gilles et Laurent Lafont, notaire de St Marcel, au sujet d'une vente de grains. Laurent Lafont avait déjà payé une première fois le montant de la vente à Charles De Barjac, procureur de la veuve de Claude De La Roque. Malgré les protestations qu'il ne manqua pas d'émettre, notre malheureux notaire dû s'acquitter une seconde fois de sa dette envers les héritiers de Pierre De Gilles.

C'est par le mariage d'Anne De Gilles que la Roquette passa ensuite dans la famille De Meiras. En effet, Anne épouse en 1585 Antoine De Meiras, co-seigneur de St Marcel et Sieur de Guisac. La juridiction de la Roquette n'allait plus quitter cette famille jusqu'en 1784, soit près de deux siècles.
En 1626 Pierre De Meiras, fils du précédent couple, refusa de payer à la communauté d'Aiguèze le montant de la taille pour son domaine de la Roquette. Celui-ci prétendit en effet que le moulin et son domaine n'étaient pas des biens roturiers et donc exempt d'impôts. Les consuls d'Aiguèze et de St Martin lui firent immédiatement savoir leur désaccord en procédant à la saisie d'une salmée de blé en son moulin. Pierre De Meiras porta l'affaire devant la cour ordinaire d'Aiguèze qui le débouta. Nouvelle plainte en la cour de Bagnols, puis en la cour des aides de Montpellier. Pour leur défense, les consuls d'Aiguèze et de St Martin avancèrent, preuves à l'appui, que ce domaine avait toujours participé aux impositions. Malheureusement la communauté perdit le procès et le moulin de la Roquette fut ôté du rôle des impositions. A noter qu'en 1667 Pierre De Meiras, fils du précédent Pierre, intenta un procès aux consuls de St Marcel pour la même raison!
En 1664, le seigneur de la Roquette afferme le moulin à Jean Cabassud de Trescouvieux pour quatre années. Comme de nombreux baux de l'époque le moulin était “baillé à mi-perte mi-récolte”, le revenu était donc partagé entre les parties.
Pierre De Meiras teste en juin 1671. Ce testament que le notaire avait commencé à rédiger fut invalidé en raison du décès prématuré du testateur. On y note cependant: "Etant dans son lit malade, considérant la brièveté de la vie et que la mort nous poursuit partout, veut-être enseveli en la chapelle Notre-Dame dont il est le patron, au tombeau de ses prédécesseurs, veut qu'il y ait vingt-cinq pauvres qui l'accompagne à son sépulcre avec un cierge de cire blanche et une canne d'étoffe qui leur sera donnée à chacun comme de coutume …" Etant décédé ab intestat ses biens se trouvèrent en indivision entre ses quatre enfants, Pierre, Joachim, Heleine et Jeanne-Marie. Il fut donc procédé à l'estimation de tous ses biens par Charles De Simian, grand vicaire et officier général de l'évêque de Viviers, et par Henri De Laurens, prieur de Rivières. Ses biens étaient situés sur St Marcel d'Ardèche, la Roquette, St Alban, Bourg St Andéol, Hullias, Laurac, Grillet. Il possédait également l'île de la Roquette, ou de Bois Redon, située sur le Rhône. Il y eu un procès par-devant le sénéchal de Beaucaire et Nîmes suivi d'une conciliation. Les parties renonçant au procès il fut procédé au partage des biens de Pierre De Meiras. Le partage eu lieu en 1672. Les deux sœurs eurent 7500 livres chacune et la Roquette échu à Joachim.
On retrouve Joachim en 1680 lors de l'affermage du moulin avec les devois de Ternis et des Terrisses à André et Antoine Cabassud, père et fils de Trescouvieux, pour quatre années. Ces deux derniers fermiers ne semblèrent pas convenir au seigneur puisqu'on le retrouve l'année suivante affermant le moulin à Claude Dufour pour six années.
Le 8 septembre 1681 Joachim “baille à prix fait” à Toussaint Bruguier, menuisier d'Aiguèze, un “rodet et une candelle” pour son moulin de la Roquette. Toussaint a trois semaine pour livrer la commande, le tout pour 24 livres.
C'est ensuite André Delacroix qui prend le moulin en fermage en 1691 “le tout à bonne miège”. Celui-ci devant toutefois livrer chaque année au seigneur cinq salmées et demi de seigle pour le moulin, et trois salmées, aussi de seigle, pour les terres cultivables de la Roquette. En 1692 André Delacroix réussi à se faire exempter d'une journée à battre le blé dont il était tenu envers le seigneur.
Après le décès de Joachim De Meiras c'est son fils Joseph qui pris la succession. Joseph épousa en 1714 Louise Desserre, fille d'Aymard de Bourg St Andéol. Ils eurent au moins deux fils: Joseph-Louis, né en 1722, chanoine de St Rufs, et François-Xavier, prochain seigneur de la Roquette.
Par procuration du 15 septembre 1755, Joseph nomme son fils Joseph-Louis pour son procureur afin de gérer son domaine de la Roquette. Il est tenu de "gérer et administrer les biens et revenus de la terre et seigneurie de la Roquette, l'affermer aux prix et conditions qu'il trouvera à propos, faire faire les réparations qu'il trouvera bon, comme les défrichements dans les bois et devois de la dite terre." Le troisième octobre de la même année Joseph-Louis afferme le moulin, grange et fonds, de la Roquette, pour quatre années, à Pierre Bonhomme, ménager d'Aiguèze. Pierre Bonhomme était tenu d'habiter au moulin avec sa famille tout en veillant à la bonne conservation des bâtiments. Il était également tenu de cultiver les terres "en bon père de famille". Ce bail est conclu moyennant une rente de 160 livres par an plus la moitié des récoltes.

En 1763, François-Xavier De Meiras épouse Delle D'Orlandiny de Valence, fille de Jacques, colonel d'infanterie. A partir de cette époque François-Xavier est qualifié de seigneur de la Roquette. Sa mère, Marie-Louise-Gabielle Desserre, lui cède tous ses biens contre un capital de dix mille livres et une pension viagère de mille cinq cent livres par an.
Le 15 juillet 1764, François-Xavier, qualifié de Marquis de la Roquette, seigneur des tuileries des Cadenèdes, chevalier de l'ordre royal et militaire de St Louis, lieutenant-colonel des grenadiers royaux, prolonge le bail à ferme de la Roquette à Pierre Bonhomme pour cinq années. Seul le montant du bail a changé, de 160 livres celui-ci passe à 499 livres 19 sols. Pierre Bonhomme était également tenu de livrer tous les ans au seigneur, en son château de St Marcel, "deux paires poulardes et la moitié des pommes qui proviendront des arbres complantés sur le dit domaine".
Le 12 octobre 1784, François-Xavier vend le domaine de la Roquette à Pons-Simon De Pierre, vicomte de Bernis, seigneur-marquis de St Marcel de Pierre de Bernis (d'Ardèche), brigadier des armées du roi, gentilhomme d'honneur de monsieur, frère du roi, pour la somme de 16.000 livres Ce dernier n'entend pas garder ce domaine mais espère seulement faire une bonne affaire en le revendant à meilleur prix. Ce qu'il ne tarda pas d'ailleurs à faire! François-Xavier se réserve le droit de chasse sur la Roquette durant trois années après la vente. De plus le Marquis de la Roquette “ne pourra pas être obligé de quitter le nom de la Roquette pendant sa vie”.
Le 6 février 1785, soit seulement quatre mois après avoir acheté le domaine, Joseph-Bruno Sauvet, notaire de Pont St Esprit, procureur du vicomte de Bernis, passe acte de vente de la Roquette en faveur d'André Romanet, bourgeois et consul d'Aiguèze. André Romanet fut le nouveau seigneur de la Roquette à compter du 1er mai de la même année, date à laquelle il pris réelle possession de cette seigneurie. La Roquette lui fut vendu pour la même somme de 16.000 livres plus le droit de lods, plus 240 livres que le vicomte de Bernis avait versées pour le droit du "centième denier".
André Romanet ne profita guère de son nouveau titre de seigneur de la Roquette. En effet la révolution arrivait à grands pas et la Roquette, comme tous les autres fiefs, allait perdre tous les droits qui s'y rattachaient. André Romanet décéda à Aiguèze le 26 juin 1800. C'est son fils François, né en 1768, qui hérita du moulin de la Roquette.

En janvier 1802 Catherine Heraud, veuve de Joseph Assaud, meunier du moulin de la Roquette, vient déposer plainte en mairie d'Aiguèze. Elle expose au maire qu'un détachement de troupe de ligne est entré dans le moulin, ont ouvert les armoires et les gardes robes, ont pris du pain, une chemise de toile rouge, un tablier de mousseline rayé, un fusil monté pour la chasse, le tout évalué à la somme de 31 livres. Puis ils sont allés au grenier où ils ont pris deux chemises, un mouchoir pour le cou appartenant aux domestiques. Ils ont également dérobé dans la poche du valet un écu de 6 livres, trois pièces de 24 sols et 16 sols de monnaie. Mais vu le nombre de plaintes déposées durant cette période agitée il est peu probable que Catherine Heraud obtint gain de cause.

La matrice cadastrale de 1830 nous indique que François Romanet était propriétaire sur la Roquette de 17 hectares 30 ares 90 centiares. Ces terrains s'étalaient en éventail autour du moulin et se composaient de bois, mûriers, et terres labourables. Deux bâtiments distincts lui appartenaient: Le moulin, cadastré en D 500 pour une superficie de 170m², et une autre bâtisse (Actuelle maison Fabrègue) cadastré en D 504 pour une superficie de 200 m². Le béal du moulin séparait ces deux bâtiments. Le ruisseau était détourné de son lit environ 200m en amont au moyen d'un canal. Celui-ci alimentait en eau l'écluse du moulin.
L'expertise cadastrale de la commune faite en 1831 règle le revenu moyen du moulin de la Roquette à 400f par an. Celui de Piolenc est évalué à 150f. Les deux moulins à huile situés dans le village et appartenant à Antoine Dufour, du Valat, et à Joseph Barnouin, dit viguier, ne furent pas classés en raison de l'absence totale d'olivier sur la commune.
François Romanet, qui était également propriétaire du moulin de Piolenc, décède à Aiguèze le 9 décembre 1837. C'est son fils, André-Basile, qui hérite des moulins de la Roquette et de Piolenc. André-Basile était notaire à St Julien de Peyrolas, il fut également maire d'Aiguèze de 1826 à 1831. De sa femme, Marie-Pélagie Tailland, il eut au moins cinq enfants nés à Aiguèze dans la maison familiale. Il est amusant de signaler pour la petite histoire que l'un de ses fils, né en 1832, fut porteur du plus long prénom jamais porté par un Aiguezois, à savoir: Vincent-André-Charles-Louis-Antoine-Henri. A noter également qu'André-Basile fut l'oncle de Frédéric Fuzet, archevêque de Rouen.
En 1846 André Romanet cède le moulin de la Roquette à son frère Joseph-Lacroix, de Barjac. Celui-ci en restera propriétaire jusqu'en 1867, époque à laquelle le moulin est vendu à Antoine Assaud.
La famille Assaud était installée à Aiguèze depuis 1747. En effet à cette époque Joseph Assaud, originaire du hameau d'Hullias à St Christol de Rodières, vient s'installer au moulin de Piolenc en qualité de meunier. Son fils Joseph, ainsi que son petit-fils Joseph (On n'était pas très inventif à l'époque en matière de prénom!) furent successivement meunier de Piolenc puis de la Roquette. Antoine Assaud était le fils du dernier Joseph cité. Sa mère, Marie Dumas, eu une fin tragique. En 1804, atteinte d'une "maladie grave qu'elle avait depuis quelques jours", elle mit fin à ses jours en se jeta dans l'Ardèche à la fontaine du Borian.
En 1882 le moulin échois à Urbain Assaud, fils d'Antoine. Il en restera propriétaire jusqu'en 1921, époque à laquelle le moulin passe à Albert Crouzet.

Comme de nombreux petits moulins de la région, le moulin de la Roquette cessa de fonctionner peu après la seconde guerre mondiale. En effet, l'industrialisation, les changements de cultures, les moyens de transport firent taire à tout jamais les rouages d'une industrie familiale devenue inutile. Désormais on ne cultivera plus son grain, on ne fera plus son pain, et le moulin sera transformé en résidence secondaire, mettant ainsi un terme à plus de sept siècles d'histoire.

Lou Récataïre


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