Depuis plusieurs millénaires notre terroir est façonné par la pratique de l'agriculture. On retrouve par place certains vestiges lithiques qui permettent de repérer les toutes premières parcelles exploitées durant le néolithique.
Ces vestiges sont essentiellement constitués de lamelles en silex que l'on retrouve en nombre sur certains sites de notre commune. Ces lamelles sont des éléments de faucilles permettant de couper les toutes premières exploitations
céréalières de notre contrée. Les nombreuses générations d'agriculteurs qui se sont succédés ont véritablement remodelé le paysage Aiguezois, si bien qu'il est devenu impossible de retrouver une parcelle dans son état originel.
Néanmoins sur la colline de Mounié, au point culminant de notre commune, subsiste une parcelle dont diverses constatations permettent de lui attribuer une très grande ancienneté. Cette parcelle n'a pas subi de transformation depuis
son antique exploitation lui conférant ainsi un grand intérêt archéologique.
Trois éléments principaux attestent de son ancienneté:
La forme générale de la parcelle: Tout au long de notre histoire les paysans ont toujours façonné les terrains cultivables en leur donnant des formes simples aux limites rectilignes. Les courbes ne sont jamais de règle et ne servent
qu'à éviter un “vallat”, suivre les contours d'un accès ou épouser le relief. Les formes simples ayant le très grand avantage de permettre un calcul aisé de la contenance d'une parcelle tout en donnant une plus grande facilité pour
en effectuer le labour. Ces formes géométriques se retrouvent même dans tous les “Claux” pratiqués dans nos garrigues. Dans ces parcelles les très nombreuses murailles de pierre sèche sont parfaitement rectilignes et n'épousent jamais
les parties cultivables. Contrairement à ces constatations le “Clau de Mounié” est de forme complexe avec des courbes très prononcées, sa contenance est difficilement calculable et les murailles délimitent très précisément les parties exploitables.
Les murailles: En l'absence de matériel archéologique dater une muraille en pierre sèche relève de l'impossible. L'état de conservation de ce type de construction n'aide en rien à établir une datation, trop de facteurs interviennent pour en assurer la pérennité.
Malgré cela on peut constater que le “Clau de Mounié” est fermé au moyen de lauzes fichées de chant dans le sol. Ce type de clôture nécessitant forcément en complément l'ajout de barrières en bois pour en interdire l'accès. Or, on ne retrouve sur aucune autre
parcelle un pareil agencement de muraille. Nous sommes donc en présence d'un cas unique sur notre commune.
La situation de la parcelle: Mounié fait partie des sites les plus reculés d'Aiguèze. Il serait inimaginable de partir cultiver une aussi petite parcelle depuis Aiguèze, Laval St Roman ou même depuis la Madeleine. Les “claux” les plus éloignés de la commune
se retrouvent au maximum à la Grange de Meisselle, à la Combe de Pètre ou bien à Castelviel. On trouve bien quelques aménagements de terrains dans les bois, mais ceux-ci sont les vestiges laissés par les anciennes coutumes qui autorisaient la culture de céréales
immédiatement après une coupe de bois, pratique mainte fois attestée dans nos archives.
Une parcelle non répertoriée: En effet cette parcelle est ignorée par toutes les matrices cadastrales qui se sont succédées à Aiguèze. Quand on sait avec quelle exactitude les documents d'impositions étaient établis, on est bien certain de ne pas être en présence d'un simple oubli!
Essais de datation: Aucun vestige trouvé sur place pour nous permettre une datation même approximative du site. Le fait que cette parcelle ne soit pas répertoriée dans les cadastres successifs lui confère déjà une ancienneté supérieure à cinq siècles.
La forme de l'enclos rappelle certains sites bien plus anciens de l'âge de fer. Faute d'autres éléments on s'abstiendra à lui attribuer une époque d'exploitation.
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