Les meules dormantes sur le territoire d'Aiguèze



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Historique

La meule dormante est issue du besoin qu'il y eu dès les débuts de l'agriculture de réduire les grains en farine. Elle était utilisée un peu partout dans le monde, là où l'on pratiquait la culture de diverses céréales. Cet outil, qui au premier abord peut paraître rudimentaire, était généralement obtenu à partir d'un gros galet, qui une fois chauffé était brisé en deux parties. Ce demi galet ainsi obtenu était ensuite grossièrement martelé sur toute la surface ainsi dégagée afin de lui donner du mordant. Son utilisation était relativement simple, il suffisait en effet, après s'être assis ou accroupi, de caler l'ustensile entre les cuisses, puis, grâce à une molette, d'effectuer un va et vient pour écraser le grain. La farine, plus ou moins grossière, était ensuite poussée dans un récipient que l'on placait en bout de meule.

Ce type de meule fut utilisée à Aiguèze, comme dans de nombreux endroits, durant plus de quarante siècles! Cette utilisation sur une aussi longue période a laissé de très nombreux vestiges dispersés sur tout le territoire. Dans la majorité des cas on ne retrouve plus que des fragments de meules, mais on découvre encore parfois des meules entières et parfaitement conservées.

Sur Aiguèze on peut diviser en deux grands ensembles les lieux où subsistent les meules ou fragments de meules: les zones de pleins airs et les cavités. Dans les cavités on peut être quasiment certain que l'outil a très peu bougé depuis sa dernière utilisation. En plein air l'historique est beaucoup plus complexe à établir. En de nombreux endroits la meule est le seul document archéologique qui subsiste et il est bien difficile d'en conclure s'il y avait là un campement, une simple zone d'utilisation ou si l'outil a été déplacé sur une plus ou moins longue distance. On reste ainsi parfois perplexe quand on découvre un fragment complètement isolé comme par exemple au milieu du Grand-Travers.

Les meules et leurs molettes aiguezoises n'ont pas été importées, en effet la matière première se rencontre à profusion sur notre territoire. Ces galets étaient très certainement choisis dans l'ancien lit de la rivière d'Ardèche, situés à une trentaine de mètres au dessus du lit actuel. Plusieurs sites se prêteraient parfaitement à des zones d'extractions, le plus proche étant le quartier autrefois appelé "Grange du Compère", lieu-dit situé au pied du Grand-Travers. Il est à noter que les galets de l'ancien lit de la rivière ont une taille très supérieure aux galets du lit actuel. La raison est bien évidemment liée au débit du cour d'eau qui aujourd'hui est beaucoup plus faible. Ce faible débit augmentant considérablement le temps d'érosion par rapport à la distance parcouru donnant ainsi des galets de taille inférieure.

La meule: première surface plane de notre histoire! Observez autour de vous et notez le nombre de surfaces planes qui vous entourent, c'est une véritable profusion! Cet état est pourtant très nouveau dans l'histoire de l'humanité, ce type de surface étant quasiment inexistante dans la nature. La meule peut ainsi être considérée comme une petite révolution dans notre environnement domestique. Ces meules avec leur surface plane, ou parfois légèrement concave, offrait un plan de travail pour de nombreuses utilisations comme moudre, pêtrir, découper. Il est probable qu'en fin de vie l'outil était utilisé comme enclume ou comme percuteur, ce qui pourrait expliquer, entres autres, la profusion de fragments par rapport aux meules entières.

fragment de meule

5000 ans séparent ces deux meules aiguezoises!

fragment de meule

Distribution

Grand-Montade »

Giet »

Joanade »

Castelviel »

Flassade »

Cavité »

Pas de l'ane »

NB: Tous les clichés présentés ici sont le résultat de prospections de surfaces sur de nombreuses années, toutes les pièces sont restées en place et c'est intentionnellement que leurs situations géographiques ne sont ici données que de façon approximatives.

Lou Récataïre